Lorsque deux personnes ne se rencontrent plus vraiment

Chronique professionnelle

Les difficultés de couple commencent rarement par une grande dispute. Elles s’installent souvent beaucoup plus discrètement. Au début, il y a simplement moins de temps. Les journées deviennent plus chargées, les responsabilités se multiplient, les enfants grandissent, les préoccupations professionnelles prennent davantage de place. Sans que personne ne l’ait réellement décidé, les conversations changent de nature. On finit par ne parler que du quotidien ou de l’organisation de la semaine et du week-ends.

Puis, un jour, on se rend compte que l’on ne se parle plus vraiment. Cette prise de conscience revient sous des formes très différentes, mais elle exprime souvent la même réalité. Le dialogue n’a pas disparu. Les échanges continuent. Pourtant, quelque chose d’essentiel semble s’être éloigné. Comme si deux personnes vivaient côte à côte sans prendre le temps de se rencontrer.

Communiquer ne signifie pas toujours se rencontrer

Dans les métiers de la relation d’aide, il est fréquent d’accompagner des personnes qui disent manquer de communication au sein de leur couple. Pourtant, lorsqu’on les écoute attentivement, on découvre qu’elles échangent parfois beaucoup. Mais elles répondent avant tout aux exigences du fonctionnement de la famille.

La rencontre, elle, appartient à un autre registre. Elle suppose de pouvoir dire ce qui nous habite réellement, d’oser parler de nos inquiétudes, de nos besoins, de nos élans ou de nos déceptions sans craindre d’être jugé ou immédiatement contredit. Cette qualité de présence réciproque ne disparaît pas brutalement. Elle s’efface souvent à petits pas.

L’intimité ne se résume pas à la sexualité

Lorsque le mot « intimité » est évoqué, beaucoup pensent immédiatement à la sexualité. Elle en fait naturellement partie. Mais l’intimité commence bien avant. Elle naît dans le sentiment de pouvoir être pleinement soi-même auprès de l’autre. Elle se construit lorsqu’un silence devient confortable plutôt que gênant, lorsqu’une émotion peut être exprimée sans devoir être justifiée, lorsqu’un regard suffit parfois à dire ce que les mots peinent à exprimer. La sexualité s’inscrit dans cette histoire. Elle est souvent le reflet de la qualité de la relation sans pouvoir, à elle seule, la résumer. Les études montrent d’ailleurs que la fatigue, la charge mentale, les écrans, les changements hormonaux, l’état de santé ou encore la qualité de la communication influencent profondément la satisfaction intime au sein du couple.

Une demande de plus en plus présente

Les sophrologues et les praticiens de la relation d’aide voient apparaître des demandes qui dépassent largement la gestion du stress. Des personnes consultent parce qu’elles souhaitent retrouver une complicité perdue, mieux comprendre leur fonctionnement relationnel, traverser une crise ou renouer avec une vie intime plus sereine. Ces accompagnements demandent une posture particulière.

Ils invitent le professionnel à connaître les étapes de la construction du couple, les principales dynamiques relationnelles, les enjeux psychiques et corporels de la sexualité, ainsi que les limites de son intervention. Ils supposent également de savoir orienter lorsque la situation dépasse son champ de compétence. Autrement dit, la bonne volonté ne suffit pas. Comme dans toute spécialisation, un accompagnement de qualité repose sur des connaissances solides, une réflexion éthique et des outils adaptés.

Une compétence qui mérite d’être développée

Pendant longtemps, les problématiques de couple ou de sexualité ont parfois été considérées comme des sujets délicats, presque réservés à quelques spécialistes. La réalité du terrain montre aujourd’hui autre chose. Les praticiens sont de plus en plus souvent confrontés à ces questions, parfois de manière indirecte. Une difficulté de sommeil, une perte de confiance, un épuisement ou un stress chronique révèlent parfois une souffrance relationnelle plus profonde. Pouvoir accueillir cette parole avec justesse, comprendre ce qui se joue et proposer un accompagnement adapté constitue une véritable compétence professionnelle.

C’est précisément l’objectif de la spécialisation Sophrologie, couple et intimité, animée par Judith Dumas.

Pendant deux journées, les participants exploreront la construction du couple, les crises qu’il traverse, les fonctions de la sexualité, les principales dysfonctions féminines et masculines, la communication non violente ainsi que les techniques sophrologiques permettant d’élaborer un accompagnement respectueux de la personne et du couple.

Les métiers de la relation d’aide évoluent avec les besoins de la société. Aujourd’hui, accompagner une personne, c’est aussi savoir entendre ce qui se joue dans ses relations. Car derrière une difficulté de communication se cache parfois une demande plus profonde, celle de retrouver le chemin d’une véritable rencontre.

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